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Jeudi 11 mai 2006
Pas toujours facile de faire le transfert du fauteuil au wc. Il faut faire preuve de force, de douceur et d’habileté tout en étant assez rapide. Rien à laisser au hasard à cause de son équilibre instable ou par manque d’oxygène. Ce sont des gestes à apprendre car toujours les mêmes. Accomplis dans le même ordre.
Un jour, j’ai un peu touché l’arrête du mur des waters avec sa tête. Rien de grave, il n'avait pas mal du tout.
Quand je l’ai remis sur son fauteuil, il y avait du sang sur son t.shirt. Il avait une toute petite éraflure mais pour moi c’était la catastrophe: j’étais capable de lui faire mal.
Un autre jour ce fut le genou, où là il a vraiment cru que c’était grave. Il a eu mal pendant 15 jours…
Beaucoup de culpabilité de ma part ; je devais faire plus attention encore. Je me rends compte aujourd’hui que nous vivons ensemble que ces gestes devenus automatiques doivent être d’une grande précision. L’habitude ne doit pas faire oublier l’importance de mes gestes. Je ne dois pas me laisser perturber, l’erreur a un coût bien trop important.
Je reste donc vigilante, attentive à ce que je fais. J’ai appris à mesurer ma force, calculer mes mouvements par rapport aux siens, toujours les mêmes et bien précis.
Je suis responsable de lui, de son bien-être et de sa santé.
Il peut dire la même chose sur moi.
Nous nous apportons notre aide. Je suis sa force et il est la mienne.

J’ai pas le moral aujourd’hui. Je me dis que sa maladie va nous séparer et que je ne pourrai pas le supporter.
Si je ne l’aimais pas si fort, je partirais en courant.
Mon amour pour lui est tel qu’il me ramène toujours dans ses bras.
Je ne le quitterai jamais et je ne veux pas qu’il me quitte.

Quelle est cette envie folle qui me pousse à vouloir un enfant de lui ?
Pas trop difficile à comprendre ; juste une envie d’être comme tout le monde: heureux.
Je m’imagine déjà quel bonheur serait de lui mettre notre enfant  ses bras pour la première fois…
Envie que l’homme devienne père.
Envie de porter son enfant en moi
Envie de ce cadeau de la vie, un cadeau d’amour, un mélange de lui et de moi.

Nous savons tous les deux que ceci est un projet égoïste ; combien de temps cet enfant connaîtra-t-il son père ?
Je pars dans l’idée qu’il nous sera impossible d’en avoir. Staral doit faire des examens pour ça.
Nous savons que nous avons très peu de chance d’y arriver, et cela vaut peut-être mieux ainsi.

Je vais mal dormir ce soir. Je vais le toucher pendant longtemps pour que sa présence rassure mes angoisses. Je vais l'écouter respirer et puis surement m'endormir.
Lui, moi et sa maladie....
par Isa - publié dans : Vie amoureuse, vie sexuelle
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Jeudi 11 mai 2006
Le 07 Mar 2005 à 12:59 GMT+1, Isa a écrit :

Re(6): article sur les assistantes sexuelles suisses

Je suis une jeune femme valide qui n'as pas eu d'expérience sexuelle avec une personne handicapée mais qui n'aurai pas peur de le faire.Les hommes valides sont en général plus sauvages! Nous, les femmmes recherchons plus de douceurs!!


Le 07 Mar 2005 à 15:23 GMT+1,
Staral a écrit :

Re(9): article sur les assistantes sexuelles suisses

J'ai une myopathie.
J'imagine qu'une attirance ou une envie de relation sexuelle avec une personne handi n'est pas lié avec son type de handicap.


Le 07 Mar 2005 à 16:19 GMT+1,
Isa a écrit :

Re(10): article sur les assistantes sexuelles suisses

Tu as raison!
Trouve tu cela malsain de ma part d'avoir envi d'une relation avec un handi?


Le 07 Mar 2005 à 16:31 GMT+1,
Staral a écrit :

Re(11): article sur les assistantes sexuelles suisses

Non, bien au contraire crois moi. Pour moi ca veut dire plutot que tu es quelqu'un d'ouvert, et ca c'est suffisament rare pour etre apprecié.

par Isa & Staral - publié dans : Vie amoureuse, vie sexuelle
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Jeudi 11 mai 2006
Si tu savais où je vais la nuit
Je nage dans tes yeux
Comme en Océanie
Je marche dans tes cheveux
Sans trouver mon chemin
J'escalade tes seins
Avec l'aide des dieux

Si tu savais où je vais la nuit
J'embrasse tes ancêtres
Sur leur bouche adorée
Et toutes les terres
Qu'ils ont un jour foulées
Je les embrasse pareil
A un nouveau né
Puis je pleure un peu
Pauvre con que je suis

Si tu savais où je vais la nuit
Si tu savais, tu resterais
Toi ou ton fantôme
Qui métamorphose
Mes nuits en royaume
Sauvage et délicat
Reste dans mes bras

Si tu savais où je vais la nuit
Je nage dans tes yeux
Comme en Océanie
Je marche dans tes cheveux
Sans trouver mon chemin
J'escalade tes seins
Avec l'aide des dieux

Si tu savais où je vais la nuit
Si tu savais...

Philippe Katerine
(sur l'album "8e ciel")

par Staral - publié dans : Vie amoureuse, vie sexuelle
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Mercredi 10 mai 2006
Avant de rencontrer Isa, je me suis souvent demandé comment gérer la dépendance que j'aurai vis à vis d'une éventuelle compagne. La question du début de la relation surtout me posait question. A quel moment je pourrais lui demander d'accomplir les premiers actes que ma dépendance imposait : m'aider à aller aux toilettes, me coucher, me lever, me laver... L'équilibre entre le besoin d'intimité qu'imposait une relation naissante, et ma pudeur à me livrer ainsi a elle me paraissait difficile à trouver. Lui demander de m'aider à aller aux toilettes par exemple, etait une chose complètement opposée au romantisme d'une relation naissante à mon sens.

Comme Isa vient de le raconter, dès le deuxième jour, nous avons choisi elle et moi de vivre le plus indépendement possible notre histoire. Ca voulait dire plus d'infirmière matin et soir, et plus d'auxiliaire de vie aux heures des repas. Ca voulait donc dire qu'Isa devrait me lever, me donner une douche, m'habiller, m'emmener aux toilettes, me deshabiller, me coucher... Tout ca 24 heures après notre première rencontre. C'était lui donner déjà toute mon intimité, mettre de côté toute ma pudeur. Je me suis assez surpris d'avoir accepté de le faire sans aucune hésitation. C'était le prix à payer pour vivre notre aventure tel que je le désirais (tel que nous le désirions) : rien qu'entre nous deux, seuls au monde, sans compte à rendre à personne. Ne pas perdre une seconde du temps précieux qu'il nous était imparti et qui allait si vite passer, puisque Isa ne pouvait passer que quelques jours chez moi. Et ce prix à payer n'était pas bien cher.

Pourquoi si tôt alors que je ne m'en pensais pas capable ? Parce que j'avais l'impression de connaître Isa par ceur, et surtout qu'elle me connaissait déjà par coeur. Avant notre rencontre, j'avais essayé de tout lui dire sur moi, sur mon handicap, sur ma dépendance et tout ce qu'elle impliquerait dans notre relation. J'avais choisi de ne rien lui cacher, parce que la vérité elle aurait toujours fini par la connaître. Et surtout j'avais une confiance totale en elle, je savais que son regard sur moi était sain et beau, qu'elle ne se moquerait pas de moi, de mes défauts, de ma maigreur... Ce sont des choses qui se comprennent intimement, qui ne s'expliquent pas. Je ne me suis pas trompé.

J'ai bien sur été géné les premières fois qu'elle m'a emmené aux toilettes par exemple, pour moi et pour elle aussi. Quelque soit sa bonne volonté en la matière, ce sont des moments pas vraiment glamour qu'on aimerait bien éviter. Au fil du temps, et même assez rapidement, mes réticences se sont envolées. J'étais en totale confiance. Et le bonheur d'être entre nous suffisait à faciliter tutes ces choses désagréable.

Maintenant que notre relation est établie, je sais que cette confiance mutuelle est toujours là, elle est même renforcée. C'est sans gène aucune que je lui offre mon corps quotidiennement. Il est entre de bonnes mains, sous un joli regard. Il y a du respect entre nous. Je suis à elle.
par Staral - publié dans : Vie amoureuse, vie sexuelle
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Mardi 9 mai 2006
Son handicap est tel que je dois m’occuper de lui comme je le fais pour moi. Je me lève, je m’habille, je me lave, je vais aux toilettes, je déjeune. Je le lève, je l’habille, je le lave, je l’emmène aux toilettes, il déjeune.
J’ai très vite été jalouse de ses infirmières qui s’en occupaient lorsque je rentrais chez moi.

J’ai appris ces gestes  du quotidien au deuxième jour de notre rencontre.

Nous voulions êtres indépendants dans notre nouvelle vie d’amoureux, indépendants des horaires imposé par les auxiliaires de vie et infirmières.
Nous étions dans un cocon dans son petit appart et c’est là que j’ai appris par cœur son « mode d’emploi » comme il dit.
Je n’ai pas trouvé cela trop dur seulement un peu fatigant.

Quand je m’occupe de lui, j’ai toujours un regard tendre sur son corps fragile,  un regard plein de désir, un regard triste aussi de le voir si frêle. Toujours une petite pensée sur sa pauvre santé que je qualifierais de délicate.
Je trouve très triste de devoir porter aux toilettes son plus bel amour.
Les conditions de vie dans lesquelles nous vivons ont engendré un grand respect l’un envers l’autre, une confiance totale (de sa part évidemment) et une complicité à toutes épreuves.
Je suis fière de m’occuper de lui comme de mon propre corps. Mieux même je dirais….
Je me suis un peu approprié son corps.
Je sais ce qu’il pense et comment il fait.
Je connais ces moindres gestes.
Je le regarde tout le temps.
J’ai besoin de le toucher et de le respirer.
Il pense comme moi.

Il a besoin de moi autant que moi de lui. Nous sommes dépendants l’un de l’autre.

Je suis sa liberté et il est la mienne. Nous sommes complémentaires. Parfois je suis plus handicapée que lui.
Le cerveau n’est pas un muscle !

Je suis aussi son infirmière; je m’occupe de sa machine Eole et les soins de la trachéo.
Sa maladie me fait peur. Il a du mal à se passer de sa machine pour respirer. Quand il tousse beaucoup c’est impressionnant. Ça me peine.
Parfois il a une oreille toute bleue, violette même. Au début je croyais qu’il était né comme ça, mais au fil du temps, je sais que c’est l’oxygène qui lui manque dans le sang.  Cela le fait sur les ongles aussi. Il se fatigue vite sans son appareil.
Souvent j’aimerais être malade à sa place pour le soulager. Il ne se plaint jamais.
Le handicap est une chose et la maladie une autre. C’est dur d’assumer tout ça pour moi, mais que dire de lui ?
J’ai beaucoup d’admiration pour Staral.

 

par Isa - publié dans : Vie amoureuse, vie sexuelle
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Mardi 9 mai 2006
J'ai expliqué précédemment que nous n'avions jamais réussi à faire l'amour complètement, c'est à dire avec pénétration, à cause principalement de mes hanches rétractées. Selon la norme, faire l'amour, c'est avec pénétration. De même, on dit généralement qu'on a perdu sa virginité le jour où l'on a pénétré sa partenaire pour un garçon, ou qu'on a été pénétré par son partenaire si on est une fille. Je passe sur le cas des couples gays mais on peut dire que la situation est sensiblement la même.

Plusieurs questions découlent de cette constatation : suis-je encore vierge ? Fait-on vraiment l'amour Isa et moi ? Techniquement, on peut répondre par l'affirmative à la première, puisque je n'ai jamais introduit mon sexe dans celui d'un corps féminin. Pour moi je ne le suis pas, et je ne me pose même pas la question. Ma relation charnelle avec Isa me procure tous les plaisirs que j'aurai pu connaître en faisant l'amour complètement, j'en suis certain.  Pour moi, l'acte sexuel ne se résume pas à la pénétration. Celle-ci peut éventuellement être considérée comme l'aboutissement, mais pas comme le passage obligé. Isa et moi passons beaucoup de temps sur les préliminaires, les caresses, à se serrer l'un contre l'autre, à sentir le corps de l'autre contre le sien. Ce sont des moments importants, où nous ne faisons plus qu'un... J'ai besoin de ça, pour moi c'est là l'indispensable... Le but (si l'on peut employer ce mot mais c'est pour simplifier) d'une relation sexuelle, c'est de donner du plaisir à son partenaire, et d'en prendre. Alors je peux dire dans ce cas que nous avons, Isa et moi, une relation sexuelle complète. Nous arrivons à l'orgasme mutuel par frottement de nos sexes l'un sur l'autre, moi sur le dos et elle sur moi. Au moment de l'éjaculation, c'est un plaisir immense qui m'envahit, je suis mentalement en elle, parfois je le ressens même comme si j'étais en elle. Je lui fais l'amour, on fait l'amour Isa et moi... Et nous avons bien sur d'autres pratiques, que nous évoquerons ici plus tard, qui nous conduisent au plaisir...

La dernière question pourrait-être celle-ci : est-ce que cela me manque de ne pas pouvoir pénétrer Isa ?  Je mentirai si je disais que non. Bien sûr que cela me manque. J'aimerai connaître les sensations que cela procure, j'imagine combien sentir son sexe humide envelopper le mien doit être magique, même si je le rappelle, ce que je vis avec elle l'est probablement autant à mon sens. Juste connaître une sensation nouvelle, un partage nouveau de nos corps... Cela me manque aussi parce que je ne peux pas lui apporter ca, alors que je sais que je suis surement le seul garçon qu'elle aurait aimé sentir en elle... J'aurai tant aimé lui offrir ca... Mais en même temps je sais que notre relation m'apporte tout le plaisir possible, et même bien davantage que je n'aurai osé l'esperer un jour. Alors non, cela ne me manque pas, je sais que l'important est d'arriver au plaisir, de se désirer et de vivre des moments d'une sensualité inégalable. Ce but est largement atteint, simplement à notre manière, peut être loin des normes que la société voudrait nous imposer, juste à notre façon, c'est ca le plus important... Je suis persuadé que peu de couples connaissent cette expérience...
par Staral - publié dans : Vie amoureuse, vie sexuelle
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