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Vie quotidienne

Lundi 29 mai 2006
Avant de rencontrer Isa, je vivais seul en appartement. C'est un choix que j'ai fait après mes études, lorsque j'ai du quitter la cité universitaire qui accueillait des étudiants handicapés. Trois options se présentaient alors : retourner vivre chez mes parents, intégrer un foyer spécialisé, ou prendre un logement. Comme j'avais, et ai toujours, l'esprit assez indépendant, la troisième solution s'imposa d'elle même. J'ai vécu ainsi plusieurs années seuls. J'avais organisé ma vie de façon à pouvoir garder au maximum la liberté que me permettait ce choix : un appartement en centre ville, une porte d'entrée qui s'ouvre et se ferme automatiquement, une infirmière les matins et les soirs pour du nursing (lever, coucher, toilette, habillage, soins de mes appareils respiratoires), et une auxiliaire de vie aux heures des repas (pour le ménage, me préparer à manger, éventuellement m'aider à faire les courses). Ainsi, je pouvais avoir le maximum d'indépendance que le permettait mon handicap, et vivre à peu près comme tout le monde, sortir, voir des amis, en recevoir chez moi, du shopping, aller au cinéma... Tout ca sans avoir à rendre de compte à quelqu'un et en ayant une vraie vie privée.

Quand je me suis installé avec Isa il y a quelques mois, j'ai quitté la ville où j'habitais depuis une vingtaine d'années pour prendre un appartement dans une autre ville à plus de 500 km. Je m'éloignais de mes amis, de mon quartier que j'aimais beaucoup, mais c'était pour une nouvelle vie que je désirais tant.

Partager ma vie avec Isa, c'était aussi lui apporter les contraintes que la vie au quotidien avec moi imposait. Mais je me disais que si j'avais réussi à me débrouiller "seul" jusqu'à maintenant, il n'y avait pas de raison que cela change : je voulais être le plus indépendant possible vis à vis d'elle et ainsi que notre couple fonctionne comme un couple normal.

Nous avons donc cherché, et trouvé avec un peu de mal, un cabinet d'infirmiers qui accepte de venir me lever tous les matins de bonne heure (c'est à dire les horaires les plus chargés pour eux). Ainsi, Isa peut se consacrer à elle et préparer son jeune fils de bientôt 5 ans pour l'école, sans avoir en plus à passer beaucoup de temps à s'occuper de moi. Bien entendu, les soirs, c'est réservé à nous deux, on ne sait jamais, si l'envie de faire des folies de notre corps nous prenait ! Nous avons aussi pris une auxiliaire de vie deux fois par semaine, pour soulager un peu Isa dans les tâches ménagères, et de ne pas être pris au dépourvu si un jour elle devait travailler davantage et me laisser seul la journée. Il ne reste plus qu'à faire installer l'automatisme de la porte d'entrée de l'appartement et je serai aussi indépendant que pendant ma précédente vie.

J'ai déjà l'impression d'être un poids pour Isa, et ce n'est vraiment pas facile de savoir que je dois lui imposer avec moi mon paquet de contraintes. C'est important pour moi de lui rendre ce paquet le moins lourd possible (je n'ose pas dire le plus léger possible), et j'espère y arriver un peu...
Par Staral
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Jeudi 1 juin 2006
Cela fait maintenant bientôt six mois que nous habitons ensemble. Quand nous nous sommes rencontrés, j'habitais à près de 500 km de chez Isa. Nous avons vite compris que l'amour à distance, ca pouvait aller un temps, mais qu'il allait vite falloir trouver une solution. L'automne dernier, nous nous sommes donc mis à la recherche d'un appartement dans la grande ville la plus proche de chez elle.

La première chose était de définir nos critères de recherches :
- l'appartement devait être proche du centre ville, ou près d'une ligne de tramway, et dans un quartier commercant et si possible agréable.
- être au minimum un F4, et si possible un F5, puisque que nous allions vivre avec le plus jeune fils d'Isa, et un week-end sur deux et la moitié des vacances avec son ainé. Et aussi afin de pouvoir recevoir et héberger des amis ou de la famille.
- être dans un immeuble accessible en fauteuil roulant, c'est à dire sans marche à l'entrée, et avec un ascenseur suffisamment spacieux.
- et enfin l'appartement devait être concu de manière à ce que je puisse circuler dans toutes les pièces, et notamment avec une salle de bain et des toilettes relativement grands.
- et bien sur avec un loyer compatible avec notre budget !

Voilà, cela faisait quand même beaucoup de critères à respecter, et ne prenant en compte que ceux de l'accessibilité, cela éliminait déjà une très grande part des offres disponibles.
Nous avons d'abord vite éliminé le centre ville, car ce ne sont pratiquement que des vieux immeubles, et choisi un quartier qui nous plaisait, avec beaucoup de logements récents, tout proche du tramway. Après avoir épluché les journaux de petites annonces et Internet, nous avons sélectionné quelques offres susceptibles de nous convenir, et contacté les agences immobilières. Nous avions décidé en effet de ne pas déposer de dossiers chez les bailleurs publics, car les délais pour obtenir un logement était de six mois à un an, ce qui était bien sur beaucoup trop longs pour nous, et que de toute façon très peu d'appartements étaient prévus pour les personnes handicapées.

Et là, les vrais difficultés ont commencées à apparaitre. Une des règles observées par les agences pour louer un appartement est de s'assurer que le locataire potentiel ait des revenus trois fois supérieurs au montant du loyer. Nos revenus étaient compatibles avec les quelques appartements que nous avions retenus, et qui après entretien avec le bailleur s'averaient accessibles. Lorsque nous nous montrions intéressés par un logement, et qu'après l'avoir visité, nous souhaitions déposer un dossier de candidature pour l'obtenir, l'agence nous posait systématiquement la question de la nature de nos revenus. Isa touchait une allocation chômage pour encore plusieurs mois, et je percevais l'AAH et l'Allocation Compensatrice pour Tierce Personne. Le total de nos revenus était donc un peu au dessus du minimum demandé, et l'atteignait pratiquement si on enlevait ceux d'Isa. Mais les agences nous tenaient alors chaque fois le même discours : "Vos revenus ne sont pas des revenus salariés, donc nous ne pouvons pas les prendre en compte et retenir votre dossier. Nous sommes désolés mais c'est la règle."  Nous avons beau protester et leur dire que mes allocations étaient assurées à long terme, alors qu'un salarié pouvait être  licencié du jour au lendemain, il suffisait  d'ouvrir le journal pour s'en  rendre compte, nous nous heurtions systématiquement à un mur. Au mieux, on nous proposait des appartements au loyers beaucoup moins élevés, mais qui bien sur ne nous convenaient pas. Une seule fois on nous a laissé déposer un dossier en nous disant  que si nous trouvions deux garants aux revenus suffisants, ca pourrait passer. L'appartement nous plaisait énormément, grand, agréable, très pratique et dans le quartier que nous souhaitions. On s'est débrouillé pour trouver  ces deux garants, et quelques jours plus tard après avoir réuni tous les documents nécessaires, nous déposions notre dossier, pleins d'espoir d'avoir une réponse positive de l'agence. Nous révions déjà de cet appartement tellement il nous plaisait.  Peu de temps, coup de téléphone de l'agence qui nous apprend que notre candidature n'a pu être retenu, faute de revenus suffisants. "Et nos deux garants, alors ?". "Il ne peuvent compter, ce sont vos revenus qui nous interessent". Changement radical de discours, qui confirme ce que nous pensions déjà depuis un moment : il y a une ségrégation dans les locations d'appartements du secteur privé : les personnes handicapées ne sont pas les bienvenues, comme les maghrebins ou les noirs. Bien sur, aucune agence ne le confirmera, mais notre expérience le laisse tout de même penser. Pourquoi ? Peur que ca gène les voisins, que ca leur fasse peur, qu'on puisse poser des problèmes et demander des travaux d'aménagement, ou dégrader le logement ou les parties communes. Peur de la différence tout simplement. Bien sur, cela reste difficile à prouver, mais les faits sont là.

Heureusement, quelques semaines plus tard, nous avons fini par trouver l'appartement de nos rêves : dans l'immeuble voisin de celui qui nous a été refusé, un grand F5 avec de beaux balcons, très pratique pour moi, et avec une jolie vue sur la ville et la montagne toute proche. Exactement le genre d'appartement dont nous révions avant de commencer nos recherches. L'affaire s'est réglée en 3 jours entre la visite et le dépôt du dossier. Comme quoi tout n'est pas complètement pourri dans le monde impitoyable des agences immobilières !
Par Staral
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Vendredi 9 juin 2006
Un menu du diner du 7 juin du CHU de notre ville :
























Ils sont trop forts aux cuisines !
(heureusement, ce n'était pas pour nous !)
Par Isa & Staral
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Mardi 20 juin 2006
Besoin d'évasion, de changer d'air ? C'est normal, l'été approche, et les envies de vacances sont là !
Alors voici l'adresse d'un très beau gîte breton, à Pléhédel, près de Saint-Brieuc en Côtes-D'armor.
Ce gîte trois étoiles est entièrement accessible aux personnes handicapées, et a été agréé par l'Association des Paralysés de France.
Présentation et réservation ici.
Par Isa & Staral
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Jeudi 22 juin 2006
Ca nous arrive quand même de nous disputer !
Rarement,
Parfois,
Parfois rarement.
Tous les deux sensibles, moi très susceptible (lui aussi hi hi !), mais aucun des deux rancunier.
Nous ne pouvons pas rester fachés très longtemps. Faire du mal à l'autre - et à soi - n'est pas dans notre mentalité.
Moi, j'avoue, je boude un peu. Faute avouée à moitié pardonnée ?

Sinon voilà, j'ai cassé le mythe : Isa et Staral se disputent.
- Non ?
- Si !

Vive les commérages sur le net !
Bisous à tous nos lecteurs.
Par Isa
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Samedi 24 juin 2006
A l'heure où cet article sera mis en ligne, nous serons sur la route direction la mer, pour notre première semaine de vacances ensemble...

Rassurez-vous, le blog, lui, ne se reposera pas, puisqu'en attendant notre retour, une fois par jour (si la programmation de mise en ligne d'articles d'Over-Blog fonctionne correctement) vous pourrez découvrir une photo prise l'été dernier, celui des premiers mois de notre rencontre. Une photo qui nous rappelle pleins de jolis souvenirs...

Alors à la semaine prochaine ! En attendant, pour nous ça sera "See, Sex and Sun"... Enfin au moins deux des trois garantis !
Une de nos premières sorties...
"Tu me fais tourner la tête
Mon manège à moi, c'est toi
Je suis toujours à la fête
Quand tu me tiens dans tes bras"
Par Isa & Staral
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