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Mercredi 5 décembre 2007
C'est Valou qui a gagné le concours où il n'y avait rien à gagner ! C'est en effet sa proposition que j'ai retenue pour cet article. J'ai bien hésité un moment avec celle d'OML, mais j'ai eu un peu peur que ça fasse un peu trash pour vous... Alors ça sera "Comment Petit S. me voit avec ses yeux d'enfants".

Avant de me voir pour la première fois, Petit S. (qui avait alors presque 4 ans) ne connaissait pas de personnes en fauteuil. Je ne suis même pas certain qu'il en avait croisé un jour dans la petite ville où il habitait. (Isa me souffle dans l'oreillette qu'il n'en avait en fait jamais croisé). Alors j'appréhendais un peu notre première rencontre sur le quai de la gare. Isa ne l'avait pas spécialement préparé. Au cours du (long) trajet en train, Petit S. a demandé qui ils allaient voir ainsi. Isa lui a montré une photo de moi, en lui expliquant que je ne pouvais pas marcher, et que j'étais dans un fauteuil électrique. Il a plutôt bien capté le truc, puisqu'il a répété plusieurs fois à d'autres voyageurs "Je vais voir Staral, il peut pas marcher !".

Je m'attendais plus ou moins à un gros moment de timidité de sa part à sa descente du train, genre je me cache dans les jupes de Maman (c'est juste une image, elle n'en porte jamais !) devant ce bonhomme sur son drôle de fauteuil ! Même pas, il me fait la bise comme si de rien n'était, bien plus impressionné par cette grande gare bruyante et pleine de gens qui courent partout ! Jamais les premiers jours il n'a vraiment fait allusion à mon handicap, ni semblé impressionné par exemple par mon appareil respiratoire. Ce n'est qu'un peut plus tard, en observant les tuyaux bouger sous la pression de l'air, qu'il m'a demandé si ça servait à me gonfler. Les questions sont venues ensuite petit à petit, au fil des mois. Jamais malsaines ou gênantes, mais comme s'il comprenait au fur et à mesure qu'il y avait des choses que je ne pouvais pas faire comme les autres.

Il est devenu assez protecteur, notamment dans la rue où un jour, il n'a pas hésité à lancer à une dame avec une poussette qui arrivait en face de nous sur un trottoir un peu étroit : "Laissez passer l'handicapé !". Un peu gênant, mais on a bien rigolé quand même !

Il aime bien s'amuser avec le mot "handicapé", il ne le prend jamais dans un sens dramatique. Il est très conscient de mes limites, et m'aide toujours quand j'ai besoin d'aide. Il pense souvent de lui même quand il se ballade en ville par exemple, qu'à certains endroits je ne pourrais pas accéder à cause de marches mal placées. Ou bien il imagine tout seul qu'en mettant des rampes je pourrais rentrer dans la maison de son Papa, mais pas aller dans sa chambre qui est au premier étage.

Il a bien eu sa petite période il y a quelques mois où il refusait de me faire la bise, parce qu'il avait peur d'attraper ma maladie. Mais on lui a bien expliqué que ça ne risquait pas, et ça n'a duré que quelques jours.

Avec lui, le handicap semble très naturel, et ne pas être en soit une différence. C'est sûrement le regard d'un enfant qui aide à être ainsi, mais je connais des gamins d'à peu près le même âge qui n'ont pas eu du tout la même approche, impressionnés par le fauteuil et la maladie, qui posent tout de suite beaucoup de questions à leurs parents. Ce n'est pas du tout le cas de Petit S. Une grande ouverture d'esprit qui sûrement l'aidera beaucoup dans sa vie d'adulte.
par Staral - publié dans : Enfants, famille
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Vendredi 25 mai 2007
Une semaine qu'il est parti à la mer mon fils...

Pendant ce temps là, nous lui avons ouvert SON blog.
Le blog de Petit S...

Pour l'instant il n'y pas grand chose parce que petit S. n'est pas encore revenu de ses vacances, mais je vous promets qu'il va se remplir de plein de lui.
Avec notre aide mais sous sa direction, enfin collaboration !

Toutes les mères pensent que leurs enfants sont les plus beaux et les plus intelligents et je suis fière de lui.
Laissez vous séduire par mon petit bavard qui vous racontera sa vie.
Ma nouvelle star.

Son nouveau blog est ici.


par Isa - publié dans : Enfants, famille
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Mardi 27 février 2007
Dimanche soir, Petit S., de retour d'une semaine de vacances chez son père, nous a tout de suite montré avec fierté ce qu'il avait préparé avec sa grand-mère : une carte destinée à une copine de sa classe.


En adultes curieux, Isa et moi lui demandons alors qui est l'heureuse destinataire. Petit S. fait son grand mystérieux en nous rétorquant aussitôt : "Je ne vous le dirai pas !". Mais il nous explique qu'il va lui donner demain matin à l'école, nous lit ce qu'il a marqué, et qu'il a écrit "je t'invite" ici.

"Tu veux pas nous dire qui c'est ta copine ?"
"Non !"

A malin, malin et demi. Employons la ruse alors !
"Je vais te donner une enveloppe pour mettre ta carte. Tu me dis son prénom, comme ça je vais l'écrire dessus et la carte ne va pas se perdre. D'ac ?"
"C'est Ernestine !", cette fois sans hésitation !
(eh eh !)
"Alors on va écrire "Chère Ernestine" sur la carte, tu veux bien ?"
"D'ac !"

Le lendemain matin, juste avant de partir, il met la carte bien au fond de la poche de son anorak.
"Je lui donnerai à la récré, sinon la maitresse elle va la supprimer."
Je l'emmène à l'école, et je m'aperçois alors que cette fameuse Ernestine n'est autre que sa voisine de porte-manteaux. Le sien est vide, elle n'est donc pas encore arrivée.

Le soir, quand je retourne chercher Petit S., il marche limite à reculons en sortant de la classe car sa petite copine n'est pas encore sortie. Le temps qu'il s'habille, sa nounou arrive et nous les suivons toutes les deux dans le couloir. Petit S. trottine derrière elle et veut la suivre quand elle sort du côté où il y a des marches. Mais nous on doit sortir par la cour puis par la rue de derrière car c'est le seul chemin accessible pour moi.
"He ho, par là !"
Pour rentrer chez nous, je dois donc faire le tour du paté de maison au lieu de prendre le trottoir qui nous mènerait directement à l'entrée de notre immeuble. Ca rallonge un peu, mais pas énormément. Juste avant d'arriver, on croise Ernestine et sa nounou, qui elles ont pris bien sûr le chemin le plus court. Petit S. s'arrête, et fait un long coucou de la main au passage de sa petite copine, des étoiles dans les yeux... Mais celle-ci semble un peu génée et le regarde à peine...

De retour à la maison, il nous montre le dessin quelle lui a fait, et n'arrête pas de parler d'elle... Il est tout exité !

Ce matin, il arrive encore avant Ernestine. Ce soir, c'est Isa qui est allée le chercher. Elle a raconté que sa petite copine lui faisait des coucous langoureux depuis la classe quand Petit S. s'en allait...

Petit S. est amoureux ! Cette fois, ça semble encore plus sérieux que pour Lyne et Sarah, ses deux petites ex ! Ah ces jeunes, de plus en plus précoces !

EDIT : Tout à l'heure, Petit S. ramenait plein de coussin et une couverture et preparait quelque chose qui resssemblait à un lit.
"Mais qu'est-ce que tu fais ?"
"Je fais un lit pour Ernestine ce soir !"
Il était bien déçu quand on lui qu'il n'était vraiment pas prévu qu'elle vienne dormir à la maison ce soir !

(dans notre radio.blog : Noir Désir - Ernestine)
par Staral - publié dans : Enfants, famille
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Mercredi 31 janvier 2007
Une des questions que nous pose le plus souvent Petit S. est : "C'est quatre heure ?". Je crois que c'est son moment préféré de la journée. Mais "quatre heure", dans sa petite tête, ça ne veut pas dire "trois heure + une heure", soit seize heure. Non, ça veut simplement dire : "Je mange des gâteaux".
Pourtant, c'est la croix et la bannière pour faire manger Petit S. aux repas. Il faut se battre systématiquement ou presque pour lui faire finir son assiette.

"N'en veux plus"
"Mais t'as rien mangé !"
Ou bien : "J'aime pas ça !"
"T'as déjà gouté ?"
"Non, mais j'aime pas ça !"
Le seul plat qui a l'honneur d'un : "n'en reveux !", c'est la pizza. Enfin la pizza au fromage, sans olive ni jambon ni rien d'autre, juste tomate et fromage. Avant, c'était la quiche. Maintenant c'est la pizza au fromage. Quand il entend qu'on téléphone pour une livraison à domicile, il rappelle bien fort qu'il la veut au fromage, la pizza. Il lui est même arrivé de demander au livreur si il ne s'était pas trompé de variété : "T'as bien pris la pizza au fromage, monsieur ?"

Mais pour les gâteaux, Petit S. est toujours là. Ca peut être quatre heure à tout moment de la journée. C'est déjà arrivé qu'à peine levé : "C'est quatre heure ?". En rentrant de l'école le midi : "C'est quatre heure ?". Vers cinq heure : "C'est quatre heure ?". "C'est dans combien de temps quatre heure ?". C'est maintenant ! Alors là, c'est la joie, Petit S. se précipite vers le placard à gâteaux, choisi avec un grande attention la boite, et va s'installer devant la télé pour manger. Mais  il ne vaut mieux pas lui laisser la boîte, sinon elle se vide en un temps record ! "C'est tout ? Mais j'ai TRÈÈÈS faim !" et là il prend un air à faire pitié à l'Abbé Pierre. "Et bien tu mangeras bien ce soir alors." Et le soir bien sûr : "N'en veux plus..." Et c'est la guerre à nouveau...

En fait, je crois que maintenant je me venge. Quand j'étais petit, j'étais comme lui. En pire. Je trainais devant mon assiette en picorant à peine, et c'était mes parents qui me grondait. Aujourd'hui, je suis passé de l'autre côté de la barrière ! Pardon Petit S., faut pas m'en vouloir, quand tu seras grand tu feras pareil avec tes enfants !

Là, ça vient d'être quatre heure. Petit S. a choisi le paquet de boudoirs. Mais il a été déçu  quand il s'est aperçu que dedans, il n'y avait pas la charlotte aux fraises en photo dessus. Les fabriquants de gâteaux, c'est quand même de sacrés arnaqueurs !
par Staral - publié dans : Enfants, famille
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Vendredi 29 décembre 2006
J'ai trois mères ;
Maman Net, celle qui m'a portée inconsciemment pendant 32 ans.
Maman Possessive, celle qui m'éleva.
Maman Bio, celle qui accoucha de moi.

Celle de mes rêves fût souvent prostituée, j'ai longtemps imaginée être le résultat d'un viol, ou tout simplement d'une femme pauvre.
Consultation de dossier, chercher, ou pas.
Je suis un bébé poubelle, soeur spirituelle de Bernie Noël.

Comment vivre aujourd'hui mon rôle de mère, moi qui suis successivement femme-enfant ou petite soeur sans brother ?
Rechercher constamment chez un homme le rôle du père ou du frère protecteur.

M'en fout, à présent, je me sens femme grâce à Staral, mère et juste encore un peu enfant pour ce besoin qu'on prenne soin de moi comme si j'avais 10 ans.
M'en fout, à présent, j'ai Maman Net.
par Isa - publié dans : Enfants, famille
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Mardi 29 août 2006
Comme promis, mais avec un peu de retard, les débuts de Petit S. en supporter ! Bien plus interessé par ramasser et lancer des confettis que par ce qu'il se passait sur le terrain, il s'est néanmoins beaucoup amusé ! Malheureusement, depuis ce matin, finit de rire, c'est la rentrée des classes !

(Sur notre radio.blog, Katerine, Gonzales & Helena : Calmos)
par Isa & Staral - publié dans : Enfants, famille
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